Konrad Klapheck
Venus Ex Machina

De 6 juin 2021 jusqu'au 26 septembre 2021

Museum MORE présente cet été une grande rétrospective de l’œuvre de Konrad Klapheck (1935, Düsseldorf). Konrad Klapheck est l’une des personnalités les plus marquantes et fascinantes de l’histoire de l’art allemande de l’après-guerre, mais également un artiste largement reconnu sur la scène internationale et plébiscité par des collectionneurs belges, suisses, français, italiens et américains.

Image: Konrad Klapheck, Die Fragen der Sphinx, 1984, Musée de Grenoble

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Ype Koopmans, directeur artistique du Museum MORE : « Ce qu’il y a de remarquable chez Klapheck, c’est qu’il résume à lui seul tout un siècle d’histoire de l’art. À la fois intemporelle et magistralement actuelle, son œuvre regorge de références à ses prédécesseurs. Ami de Joseph Beuys et Gerhard Richter, Klapheck était l’un des trois pères fondateurs de la scène artistique rhénane. Mais il est aussi et surtout un artiste inclassable à l’œuvre incontournable. »

Konrad Klapheck, Die Küche I, 1997, Musée d'Art moderne et contemporain de Strasbourg
Konrad Klapheck, Der Chef, 1965, Kunstpalast, Düsseldorf
Konrad Klapheck, À la Grande Chaumière, 2006, Galerie Haas, Basel
Konrad Klapheck, Looking Ahead, 2015, Galerie Lelong

Machines à écrire, pommes de douche ou chaussures

Avec ses natures mortes monumentales d’appareils et d’objets industriels fortement stylisés, Klapheck incarne les icônes et démons des temps modernes. Des machines à écrire, des machines à coudre, des fers à repasser, des pommeaux de douche ou des chaussures se transforment en archétypes humains. Ironisants et suggestifs, les titres renforcent la dimension psychologique ou sexuelle des sujets peints avec une précision extrême.

Konrad Klapheck, Die stolzen Frauen, 1961, Roberts, Torquay, GB

Des machines comme des figures humaines

À la fois aliénant et « classique », Klapheck est considéré, tour à tour, comme un artiste d’avant-garde et un descendant de la Nouvelle Objectivité, un surréaliste tardif ou un précurseur du pop art, balloté de-ci de-là au gré des critiques d’art du moment. Pourtant, cette œuvre inédite se laisse difficilement enfermer dans un courant artistique. Elle se présente d’autant plus insaisissable que l’artiste n’a apparemment pas hésité à troquer quatre décennies de natures mortes machinales contre des peintures orchestrées autour de la figure humaine. Une volteface tardive à laquelle peu d’artistes se risquent et survivent. Klapheck a relevé le défi en inversant, en quelque sorte, son propre motif. Des hommes et des femmes se figent en autant de corps mécaniques, hiératiques, presque abstraits. Des totems dans un univers austère et paradoxal, parsemé de couleurs. Si ce « style tardif » (Spätstil) revêt d’abord une dimension salutaire et nécessaire à l’artiste, il jette également un éclairage éloquent sur les fondements de toute son œuvre. L’itinéraire de cette exposition est donc inversé.

Konrad Klapheck, Loverman, 2009, Galerie Lelong, Parijs/New York

Ses premières années

Les jeunes années de Klapheck à Düsseldorf sont imprégnées du milieu artistique et académique dans lequel il grandit. Historiens de l’art et critiques d’art influents, ses parents enseignent tous deux à l’académie des beaux-arts de Düsseldorf, prédestinant leur fils à une fonction similaire qu’il remplira à partir de 1979. Plus que son père, décédé prématurément, sa mère exerce une influence prépondérante sur Klapheck. Au contact des innombrables artistes en visite à la Villa Klapheck, dont Paul Klee et Max Ernst, à la lecture des nombreux livres d’art dans la bibliothèque familiale, Klapheck passe une jeunesse marquée par l’omniprésence d’artistes (Kulturschaffenden) influents.

Le jazz comme inspiration

Dans les années ’50, Klapheck fréquente des concerts de jazz par des musiciens internationaux qui se produisent à nouveau en Allemagne. Critique musical pour différents journaux, il entend des stars mondiales telles Louis Armstrong, Count Basie, John Coltrane ou encore Thelonious Monk. Beaucoup plus tard, ces concerts trouveront leur écho dans l’œuvre de Klapheck, qui entame un retour à ses sujets d’origine, aux instruments et à la figure humaine. Un revirement vers le triomphe de la mémoire.

À propos de l'exposition

La soixantaine d’œuvres de l’exposition Venus Ex Machina englobe six décennies d’une vie consacrée à l’art. À voir au Museum MORE de Gorssel du 5 juin au 26 septembre 2021 inclus.

Publication

L’exposition sera accompagnée d’une publication abondamment illustrée. Auteurs : Alex de Vries et Ype Koopmans. Bilingue : anglais/néerlandais. Waanders Uitgevers. ISBN 9789462623439.

Konrad Klapheck, Le Dogmatiste, Der Dogmatiker, 2016, Galerie Lelong, Parijs-New York